Skateurs : droits et devoirs (en France)
Le skateur, lorsqu'il circule sur la voie publique, est un piéton au regard du code de la route. C'est en tous les cas le sens de la réponse du ministre de l'intérieur à une question écrite [n° 45849 publiée au Journal Officiel le 10/08/2004 page 6189] posée par la députée Marie-Jo Zimmermann : « En l'absence de réglementation spécifique, les utilisateurs d'engins à roulettes sont, lorsqu'ils circulent sur la voie publique, assimilés à des piétons ».
À ce titre, le skateur est soumis « aux dispositions des articles R. 412-34 à R. 412-42 du code de la route » poursuit le ministre. Il a donc l'obligation :
• d'utiliser les trottoirs [article R412-34],
• lorsqu'il emprunte la chaussée, de circuler près de l'un de ses bords. Hors agglomération et sauf si cela est de nature à compromettre sa sécurité ou sauf circonstances particulières, il doit se tenir près du bord gauche de la chaussée dans le sens de sa marche [article R412-36],
• de traverser la chaussée en tenant compte de la visibilité ainsi que de la distance et de la vitesse des véhicules [article R412-37],
• d'utiliser, lorsqu'il en existe à moins de 50 mètres, les passages prévus à son intention. Aux intersections à proximité desquelles n'existe pas de passage prévu à son intention, le skateur doit emprunter la partie de la chaussée en prolongement du trottoir [article R412-37],
• lorsque la traversée d'une chaussée est réglée par des feux de signalisation, le skateur ne doit s'engager qu'au feu vert [article R412-38],
• lorsque la traversée d'une chaussée est réglée par un agent chargé de la circulation, il ne doit traverser qu'à son signal [article R412-38],
• hors des intersections, il est tenu de traverser la chaussée perpendiculairement à son axe [article R412-39],
• il lui est interdit de circuler sur la chaussée d'une place ou d'une intersection à moins qu'il n'existe un passage prévu à son intention lui permettant la traversée directe [article R412-39],
• il doit contourner la place ou l'intersection en traversant autant de chaussées qu'il est nécessaire [article R412-39],
• lorsque la chaussée est divisée en plusieurs parties par un ou plusieurs refuges ou terre-pleins, le longboarder parvenu à l'un de ceux-ci ne doit s'engager sur la partie suivante de la chaussée qu'en respectant les règles prévues par les articles qui précèdent [article R412-40],
• le fait, pour tout skateur, de contrevenir aux dispositions de la présente section est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la première classe [article R412-43]. « Le montant de l'amende forfaitaire pour les contraventions au Code de la Route de la première classe commises par les piétons était fixé à 30 F par le Code de Procédure Pénale (R. 49). L'ordonnance n° 2000-916 du 19 septembre 2000 fixant la correspondance en euros des montants exprimés en francs dans les textes législatifs prévoyait l'équivalence : 30 F ≈ 4,5 €. Toutefois l'article R-49 du Code de Procédure Pénale réactualisé prévoit bien une amende forfaitaire de 4 € »
Cas de Paris
Certaines villes ont mis en place une réglementation spécifique. Ainsi à Paris, les services de la préfecture de police estiment que la pratique de la planche à roulettes est assimilée à un jeu dangereux, au sens de l'article 113 de l'ordonnance du Préfet de Police du 25 juillet 1862[3] et donc, par voie de conséquence, interdite à la fois sur les trottoirs et sur la chaussée.
Il est également interdit d'utiliser sa planche à roulettes pour se déplacer. Pour la préfecture de police, « ce type d'équipement ne peut être utilisé comme un moyen de déplacement ».
La pratique du skateboard ne peut donc se faire que sur des spots officiellement recensés par la Mairie de Paris. Les arrêtés des 3 février 1978 et 22 mars 1979 ont fixé la liste des emplacements où les utilisateurs peuvent s'exercer à cette activité.
Le skateboard apparaît sur la côte californienne dans les années 50. Les premières planches sont bricolées avec du matériel de récupération et servent essentiellement à se déplacer, avant de devenir peu à peu pour les surfeurs une alternative aux journées sans vagues.Issu de la pratique du surf, le skateboard est californien par nature. Assez naturellement le skateboard débarque en Europe par la côte basque, en France, qui attire peu à peu les grands noms du surf américain, aux côtés des champions locaux.
RépondreSupprimerLe skateboard européen, bien loin de la Californie, en est à ses balbutiements, mais à la fin des années 70, véritable âge d’or du skateboard, l’engouement est total. D’innombrables marques locales de matériel se sont développées, des événements liés au skateboard sont relayés par les médias, avec pour horizon cette fascination pour les Etats-Unis et surtout le style de vie californien, hédoniste et décontracté.
Mais cette origine océanique a quasiment disparu car le skateboard est avant tout un sport de la ville, et la grande légende de surfeurs skaters appartient désormais au passé. Il est intéressant de noter que le skateboard s’est développé au moment même où se sont développées les villes et les banlieues. Des tonnes de béton et des kilomètres d’asphalte devenaient le décor de millions de jeunes gens de part le monde, et bien évidemment pas seulement aux Etats-Unis. On peut considérer encore aujourd’hui cette variété de paysages urbains comme autant de terrains d’apprentissage, ou comme terrains de jeu pour les skaters de passage.
Le vieux continent offrait aussi bien plus : le cœur historique des villes, les parvis en marbre ou les formes aérodynamiques d’architectures avant-gardistes.
Aujourd’hui, même si les skaters légendaires sont américains, le skate européen a acquis ses lettres de noblesse, avec une génération incontestable de jeunes gens talentueux et une grande variété de paysages urbains. Certains spots de Marseille, de Lyon, de Barcelone ou de Berlin font ainsi partie des lieux les plus filmés et photographiés par les skaters.
Car au-delà d’une hypothétique performance sportive, l’imaginaire du skateboard est intimement lié à la ville. En utilisant ou en détournant les formes ou le mobilier du paysage urbain, le skater plaide inconsciemment pour une pratique ludique de la ville.
temoignage de thomas lallier , cineaste auteur d’un documentaire sur l’univers du skate:”
L’autre aspect déterminant a été pour moi la manière dont le skateboard a créé sa propre imagerie, un univers visuel de photographies et de vidéos notamment, qui a aussi été un vecteur incontestable de popularité, relayé par les magazines papier, puis la démocratisation des outils vidéo, et aujourd’hui via l’Internet.
L’appropriation d’un espace public par le skateboard et ses pratiquants engendre une dynamique visuelle et sonore. Celle-ci se traduit par l’émergence d’une ambiance pouvant être festive, ludique voire compétitive, fondée sur l’exploitation du mobilier urbain. Ainsi, un pan de la ville choisit pour son décor, sa qualité de roule, son architecture, devient une scène où il convient de se montrer par l’intermédiaire de performances corporelles qui attirent l’intérêt et surtout le regard de l’Autre. Mes travaux démontrent que les « street » skaters construisent des représentations de certains sites à valeur idéale typique et qui prennent du sens dans leur pratique culturelle (Laurent & Gibout 2010). Ainsi, ils font preuve d’un potentiel à les exploiter et à les sublimer par des figures qui ressemblent à des acrobaties modernisées sous l’appellation anglo-saxonne de tricks (Laurent, 2009).
RépondreSupprimerPour reprendre Chadoin (2010), nous aurions donc affaire à la dimension hard de l’ambiance, prenant une multitude de facettes, à travers cette pratique de la ville. D’ailleurs pour sa dimension sociale, il est possible de relever deux réponses à l’ambiance générée. Celle des pratiquants, de leurs proches et des personnes qui profitent de cette animation. D’autre part, celle des résidents, d’autres chalands craintifs et des autorités locales qui subissent les nuisances sonores causées par le claquement des planches sur le sol et relèvent les dégradations visuelles causées sur le mobilier. Ainsi le bannissement et tout un panel de contraintes surgissent pour mettre un terme à cette ambiance qui dérange afin de la remplacer par une autre d’avantage aseptisée, sécurisée, fonctionnalisée.
Cette ambiance protéiforme semble particulièrement pertinente quand il s’agit de cerner les diverses formes d’un mode de vie skateboard (Veal, 2001 ; Wheaton, 2004). Mes enquêtes ethnographiques, parmi divers groupes de pratiquants montpelliérains, démontrent que les skaters adoptent des manières d’être, de faire, de penser qui leurs sont propres. Celles-ci ne sont pas forcément valorisantes et valorisées d’un groupe à un autre. Elles pourront générer soit une empathie qui conduit à des relations quasi-fraternelles, soit de la distinction, de la mise à distance de ceux identifiés comme des intrus qu’il faudra faire fuir par des rapports conflictuels, des intimidations.
D’autre part, la notion d’ambiance sous son versant social semble renvoyer au concept de fun, le plaisant et l’excitation liés à un état d’esprit « bon enfant », de défis joués, de réussites partagées, de rigolades et autres bouffonneries entre proches et qui ponctuent les chutes et autres cascades fréquentes. Cette ambiance peut aussi se charger d’un sérieux quasi-professionnel chez les experts qui s’engagent dans la réalisation de performances. Ces deux ressentis animent les interactions entre les skaters.
Sur la base de ces constats, nous pourrions soulever la question d’une transmission, entre les générations, d’un panel de comportements qui pourrait faire surgir diverses formes d’ambiance. Est-il possible de relever chez ces individus une capacité à s’ajuster en fonction de la présence de leurs pairs, de générer, selon le contexte, une ambiance plaisante ou au contraire délétère. Y a-t-il une forme d’apprentissage au sein des groupes, des comportements qui peuvent générer ces formes d’ambiances ? Est-ce que dans le cadre de sa carrière au sens de Becker, le pratiquant va aussi apprendre à instaurer et subir diverses formes d’ambiance ?
Les recherches menées dans le cadre du Groupe de Recherche sur les Espaces Festifs (UQAM), visent à mieux cerner une forme de bien-être et de bien vivre sa ville pouvant ainsi se matérialiser par une meilleure compréhension de la notion d’ambiance.
Becker, H. (1985, 1ère éd. 1963). Outsiders. Sociologie de la déviance. Paris : Métailié.
RépondreSupprimerChadoin, O. (2010). La notion d’ambiance. Contribution à l’examen d’une invention intellectuelle postmoderne dans le monde de la recherche architecturale urbaine. Les Annales de la recherche urbaine, nº 106 pp. 153-159.
Laurent, J. & Gibout, C. (2010). Ces décors urbains qui invitent aux voyages : « L’imagibilité » chez les skaters de Montpellier. Les Annales de la recherche urbaine, nº 106 pp. 106-116.
Laurent J., (2009), « La ville et la culture des « jeunes » influencées par l’acrobatie : réflexion sur les ambivalences des pratiques urbaines », Loisir et société, vol. 31, n° 2, Presses Universitaires du Québec.
Veal A.-J., (2001), « Leisure, culture and lifestyle », Loisir et Société, vol. 24, n°2, pp. 359-376.
Wheaton, A. (2004). Understanding lifestyle sports. Consumption identity and difference. Routledge : New York.
Le skateboard seul, sans compter les pratiques "fun" ou "freeride" ( = aculturées ), existe depuis plus de 50 ans en tant que pratique ludico-sportive, et représente le 3ème sport aux Etats-Unis en terme de nombre de pratiquants. C'est également un sport de masses au Brésil, en Australie, dans les pays d'Europe du Nord, en Allemagne, etc... Le besoin en skateparks, en Europe et ailleurs, ne date pas d'hier, et les mauvaises solutions sont connues depuis longtemps (malheureusement pas par toutes les Collectivités de France... CDF, berceau des BDF...). Le marché concernant ces équipements à destination des collectivités est aussi important qu'opaque: la lisibilité de l'offre pour les élus en matière de skateparks est tout simplement désolante, et les arnaques sont monnaie courante: on ne compte pas plus de 10 skateparks publics en France plébiscités à ce jour par les usagers (ce qui fait peur quand on connaît le nombre de skateparks modulaires sur le territoire). Nous avons donc à disposition des références historiques, techniques, économiques et sociales solides, et facilement accessibles pour qui cherche à se documenter... Et donc, je ne crois pas qu'il soit possible de résumer lâchement le débat à un "...à chacun sa vérité..." Nous parlons ici de sites publics de dimensions culturelle, sportive et sociale, nous parlons ici de la satisfaction des usagers du service public, nous parlons ici de l'argent de nos impôts, d'une partie de la taxe professionnelle que nous (ou nos employeurs) payons, nous parlons ici aussi, un peu, de la crédibilité de nos décideurs politiques... Alors non, on ne peut définitivement pas essayer de nous faire croire que les arguments des entreprises en cause soient recevables à quelque niveau que ce soit. La preuve est faite que ces entités polluent le paysage en vendant des marchandises inaptes à satisfaire la demande. Les communes qui décident de s'équiper d'un skatepark doivent s'en féliciter, comme les pratiquants, car elles en sont également "clientes", attendant en retour la satisfaction de leurs administrés, et leur bulletin de vote aux élections suivantes
RépondreSupprimerLes structures modulaires sont rejetées par la grande majorité des pratiquants, et elles doivent l'être également par les élus qui les financent.Ce débat que votre journal a lancé doit maintenant permettre de d'agir concrètement pour enfin donner à une communauté qui le mérite des skateparks faits pour durer,pratiquer et progresser, et non des aires de jeu qui servent d'excuse à ce qui s'apparente à des abus, voire des escroqueries.D'ailleurs, tous les arguments de ceux qui ont réagi vont presque tous dans le même sens: nous ne voulons plus de structures modulaires, et les élus doivent le comprendre ainsi que les fabricants.N'hésitez pas à consulter le forum www.sk8.net pour en savoir plus.C'est vraiment très bien que le journal la tribune.fr offre une plateforme susceptible de faire prendre conscience aux élus des véritables attentes des pratiquants en matière skateparks et lieux dédiées aux pratiques de glisse urbaine. Un lien vers l'article original devrait être proposé afin que les lecteurs puissent avoir accès à ce qui a été déjà dit par les pratiquants en réaction à cet article sur ce fabricant. Les structures modulaires répondent effectivement à la vision et la conception de ces pratiques comme des modes. Les commentaires précédents soulignent très bien que ce n'est pas le cas. Il est donc clair qu'il s'agit d'offrir des équipements durables pour des pratiques durablement inscrites dans le paysage sportif français (et internationnal!). Aussi, comme bob le signale, la conception d'un skatepark nécessite originalité et innovation que ne permettent pas les structures modulaires. Il faut donc que dans un projet de skatepark les pratiquants soient réellement associés à sa conception. C'est ce que je m'évertu à faire dans le cadre de mon activité professionnelle (même si je regrette sincèrement de ne pas avoir réussi à convaincre certaines municipalités avec lesquelles j'ai travaillé du bien fondé des infrastructures en béton). Un skatepark en béton peut impliquer la mobilisation d'architectes, de paysagistes, d'entreprises de génie civil, sans bien sûr oublier les pratiquants et les riverains. Quoi de mieux pour renforcer les liens intergénérationnels, le dialogue social? Quoi de mieux pour dynamiser le tissu économique local, régional, national (vous connaissez comme moi le dicton: quand le bâtiment va! Tout va!). Une bonne Maîtrise d'Oeuvre permet à des entreprises "locales" de répondre aux marchés publics de construction (même si cela ne doit pas être un critère d'attribution au regard du code des marchés publics). Aussi, pour les petites communes, la bonne politique en matière de création de skatepark est de s'associer (communautés de communes) pour réaliser de bons équipements plutôt que de copier la commune voisine et multiplier les "petits" skateparks municipaux sans grand intérêt pour les pratiquants. Enfin, une piste que je propose aux municipalités avec lesquelles je suis en contact est de penser les places publiques de manières à ce que ces pratiques sportives soient intégrées dans la conception des espaces publics (ce qui fait réaliser de véritables économies par la convergence des projets). Nous sommes en France devant une nécessaire rupture paradigmatique en matière d'aménagements d'infrastructures sportives en libre accès. Peut-être que cela mériterait une enquête journalistique de la part de la tribune. Sachez que je suis à la disposition de la rédaction de votre journal. Pour prendre contact avec moi www.sportsdesvilles.com. Un modeste travail de Master en Sociologie est disponible au téléchargement à partir du site. Respectueusement.
RépondreSupprimerreaction d'un ancien pratquant (30ans )a propos des skate parc modulaire type Anglet sur le site du journal "la tribune" :
RépondreSupprimer"Les skateparks modulaires sont une vraie catastrophe pour le skateboard ils sont innadaptés: très bruyant, la surface brule (au sens propre) dès qu'il y a un peut de soleil. De telles infrastructures ronge le skate car elles sont vraiment démotivantes, très banale: que ce soit 3r, trafic way ou un autre marque, d'un skateparks modulaires à l'autre c'est toujours les même modules. Comme ça été dit avant, le skateboard n'est pas une mode c'est une disciple qui perdure depuis plus de 25 ans, qui est en perpétuelle évolution et qui est extrèmement diversifier (street, ramp, slalom, bowl, pool, vert ..etc). Les skateparks modulaire de part leurs manque d'originalité ne permettent pas du tout aux skateurs de jouir de la diversité de ce sport. Faite nous des vrais park en béton, originaux, avec de la verticale et des bonne courbes bien raide et arrété ces parks bidon pour les gamins de 9ans en vélo: faite UN SKATEPARK POUR LES SKATEURS"
sur un site d'architecture urbaine et site de collectivité:"
RépondreSupprimerLa ville de Maurepas aménage ses espaces publics, et produit des spots de skateboard sans même s’en rendre compte. Voici donc un aménagement qui fait le bonheur des jeunes skateur de la ville. Le long de la piste cyclable ont étés construits des « murêt »,pensés de façon à constituer un « signal » dans le square.
Ces éléments aux formes organiques, rappelant les creux et les formes de vagues sont destinées à mettre en valeur les plantations qui orneront cet espace public.
La création de ce type de mobilier urbain apporte une valeur esthétique à ce projet. Cependant, les communes peuvent constater que ce type d’aménagement est systématiquement détourné par les adeptes des pratiques de glisse urbaine (skateboard, roller et bmx) et deviennent ainsi des espaces de pratiques qui se dégradent sous l’action de ces sportifs. Une telle problématique s’est posée pour la place jouxtant le marché couvert.
Plutôt que de combattre cet usage ludique et sportif du mobilier urbain, la Municipalité de Maurepas a jugé plus cohérent de créer des dispositifs permettant de protéger le mobilier urbain. En effet, il est préférable pour une Municipalité de voir ses jeunes s’occuper en pratiquant ces sports que de s’inscrire dans une politique répressive envers des jeunes qui ne souhaitent que s’amuser en pratiquant une activité physique et sportive…En effet est-il souhaitable pour une collectivité d’inscrire les jeunes dans une dynamique qui les placerait en position de délinquant? « Ainsi le mobilier urbain de la place du Livradois s’est vu équipé de dispositif de protection des angles des banquettes en bois. L’expérience montre aujourd’hui que cette orientation visant l’intégration et l’acceptation de ces pratiques et payante puisque les nuisances sont inexistantes, au même titre que les accidents liés à cet usage de la place. Nous pouvons même ajouter que ces pratiques concourent à l’animation et à la vitalité de cet espace.
Il a ainsi été décidé dans le cadre du projet de réaménagement du square du Maconnais et du Charolais de persévérer dans cette intégration des pratiques de glisse urbaine.
Cette fois-ci, cette intégration a été envisagée dès la conception de cet espace. Ainsi la texture du sol jouxtant le mobilier urbain a été pensée de façon à limiter les bruits de roulement. De plus cette bande plus lisse permettra de circonscrire ces pratiques sur un espace limité et permettra, de fait, au cyclistes et aux autres usagers de mieux identifier les passages sur lesquels ils pourront traverser cette place sans appréhensions lorsque ces sportifs seront présents sur cet espace. Les murêts ont été dotés de cornières en acier évitant ainsi au béton d’être dégradé par ces usages« .STIPA (Fanny Rocher Paysagiste), MERLIN(BET VRD) , Sports des Villes (Julien Bouvier)projets-architecte-urbanisme.fr
« Les amoureux de foot ont leur stade, pourquoi les passionnés de glisse n'auraient-ils pas droit à leurs propres équipements ? », lance Bernard Gauducheau, maire de Vanves, pour qui le débat sur la place de la glisse urbaine est « dépassé ». L'utilisation des trottoirs, places et esplanades, non conçus pour cet usage, n'est pas sans danger pour le piéton et sans nuisance sonore pour les riverains. Faire la sourde oreille aux demandes des pratiquants des différentes pratiques récréatives de « glisse urbaine » - roller, skate, BMX, patinette, street hockey - relèverait donc d'une erreur stratégique. Pire : elle serait perçue par la population, les jeunes notamment, comme de l'immobilisme. Pas si simple pourtant de répondre aux besoins d'installations dédiées car les pratiques très hétérogènes ne nécessitent pas le même type d'espace ni d'équipement.
RépondreSupprimerUne meilleure collaboration entre les services
Les activités de « street », quoique très différentes, peuvent être regroupées dans des rollers ou skateparks. La tendance actuelle est à la conception de véritables espaces publics pensés pour être utilisés par toutes sortes de sportifs urbains, en priorité des rollers et des skaters. En revanche, répondre aux pratiques de déambulation en rollers, récréatives ou comme mode de transport, reste une démarche plus compliquée à mettre en œuvre : certaines collectivités misent sur l'organisation alternée des espaces de voiries, ou la limitation, voire l'interdiction de la circulation certains soirs de la semaine pour les randonnées ludiques. Quel que soit le choix retenu, la réponse apportée par la collectivité est indissociable d'une réflexion plus vaste liée à sa politique d'urbanisme et d'aménagement de l'espace public et implique une meilleure collaboration des différents services territoriaux (jeunesse, sport, voirie, urbanisme, technique). « Avant de se lancer dans les phases de conception, souligne Gérard Peyrebrune, directeur des services des sports d'Annecy, il est indispensable d'identifier clairement les besoins et de mener un projet en étroite concertation avec les utilisateurs pour proposer un équipement réellement adapté aux usages futurs ».
article de sudouest:Le 10 décembre 2010 vers 17 h 45, alors que le marché de Noël bat son plein place Clemenceau, Tanguy et son ami, occupent leur fin d'après-midi de lycéens à faire du skate près des escaliers du parking Clemenceau. Ils connaissent le panneau d'interdiction rouge et blanc « interdit aux rollers et aux planches à roulettes » mais ils estiment qu'avec le bruit des commerçants, la musique, les animations, ils ne dérangent personne. Ce n'est pas l'avis de trois agents de police qui passent par là. « Ils nous ont dit qu'on occasionnait des nuisances sonores, qu'il y avait des plaintes des riverains », raconte Tanguy. « C'est vrai qu'on voyait parfois une dame avec son sifflet qui nous faisait croire que les policiers arrivaient mais on en avait pris l'habitude et on ne pensait pas que l'on gênait. »
RépondreSupprimerLes représentants de l'ordre leur demandent de stopper leur activité et, sans avertissement, dressent un procès-verbal avec noms, adresses, références des parents.Panne de projet en centre-ville
La Ville est consciente qu'il manque un lieu de pratique du skate et du patin à roulettes en centre-ville mais elle est face à une contradiction : créer un lieu proche du centre pour que les jeunes ne soient pas loin du regard des parents et assurer la tranquillité des riverains. Il avait été question d'un projet Porte des gaves mais il est au point mort. « Trop éloigné » selon la mairie.Les jeunes n'ont donc pas d'autre possibilité que de se rendre à Lons au skate park, très bien coté chez les ados, ou à Lescar. Le terrain proche du centre Leclerc est quant à lui réservé à la pratique du vélo de type BMX « pas du skate » d'après les jeunes.
« Quand je suis rentré à la maison, je me suis fait remonter les bretelles ! » se souvient Tanguy. Sa mère confirme. « Oui on l'a grondé mais après ça passe, on oublie. »Quelle ne fut donc pas sa surprise de recevoir trois mois après une convocation au commissariat de police. « Mon mari y va, fait une déposition, Tanguy reconnaît sa faute. On pensait que ça s'arrêterait là ! » confie Delphine, la maman.
Peine requise : 38 € !Point du tout. En mai, un huissier de justice sonne à la porte de l'appartement du centre-ville pour remettre à l'adolescent une citation à comparaître devant la juridiction de proximité pour « violation d'une interdiction ou manquement à une obligation édictée », pour la « pratique acrobatique d'engins à roulettes en zone piétonne : arrêté municipal de la Ville de Pau en date du 8/01/2009. »
suite:
RépondreSupprimerCette fois-ci, les parents de Tanguy sont estomaqués. « Un procès pour ça ? Tout à coup, j'ai senti que ça montait d'un cran, affirme la mère de famille. J'avais l'impression d'être dans une série télé, notamment au commissariat, même si les policiers étaient sympas. Ensuite, j'ai pensé que c'était beaucoup pour pas grand chose » rappelle Tanguy.
Le 24 juin, lui et son ami, leurs parents et l'avocate Karine Lhomy se rendent au tribunal. « Le juge a fait l'appel puis on nous a mis dans une toute petite salle pour les mineurs », raconte le garçon.
Pour sa défense, Me Lhomy démonte alors l'argument des nuisances sonores et pointe l'absence de zone adéquate pour la pratique du skate en centre-ville. Le ministère public, un officier de la police départementale, demande la peine maximale : 38 €! Le juge tranche et condamne seulement Tanguy à une admonestation sans amende.
« Toute cette histoire m'attriste. J'habite en centre-ville, je me suis fait voler dix vélos, j'ai même porté plainte contre un jeune dont j'avais le nom, on m'a dit qu'on ne pouvait rien faire. Devant le centre Bosquet, en fin d'après-midi, on a l'impression qu'il y a du trafic. Je suis sidérée de la disproportion. Se retrouver devant un tribunal, avec un juge, un greffier ; l'huissier qui amène le courrier ! On est dans la démesure par rapport à la faute commise ! Quel argent dépensé ! Je ne comprends pas pourquoi l'affaire a dépassé les portes du commissariat, s'emporte la mère de Tanguy. Vous ne pensez pas que la justice a autre chose à faire ? »